La toque grise
Lors du banquet anniversaire de "La Mouscronnoise", héritière de la "Flandres Wallonnes", j'ai eu le plaisir de rencontrer Antoine.
Antoine est un monsieur qui hésita à poser sa toque sur la tête car celle-ci est particulière: elle est grise!
Ce n'est qu'en apercevant un couvre-chef gris (le mien) qu'il osa enfin arborer sa propre coiffe.
La toque wallonne est l'ancien nom de la calotte actuelle.
La calotte grise était un couvre-chef reçu dans les années d'après-guerre lorsque l'on arrivait dans une école catholique (à l'exception des jésuites qui portaient la calotte noire).
Les années s'indiquaient par une, deux, ou trois étoiles placées en triangle.
Les blanches indiquant les études primaires, les dorées indiquant les secondaires.
Le croisillon n'existe pas mais un ruban aux couleurs de l'école est placé au même endroit que celui de la ville d'études sur les calottes d'aujourd'hui.
Antoine a rajouté le ruban aux couleurs de Belgique pour se conformer aux usages actuels.
La calotte grise se posait dans l'armoire en quittant le secondaire.
A présent, rares sont les possesseurs de ce genre de calotte d'humanités.
La coutume fut perdue par le temps, à moins que comme nous pouvons le lire dans le Io Vivat de M. Jacques Koot :
"... Huit jours plus tard à Louvain, à Bruxelles, et bientôt à Liège et à Gand la calotte coiffait des centaines de têtes et devenait le signe de ralliement des étudiants catholiques. Depuis lors on l’a agrémentée de rubans et insignes variés, mais elle est toujours demeurée elle-même. Son succès seul faillit la faire périr : elle fut adoptée par de nombreux collèges, mais les protestations des vrais étudiants universitaires ont fait presque partout abandonner son usage par les potaches."